Luxation congénitale de la hanche 7


- Aspects cliniques -

 

1- Définitions – Généralités

La fréquence de la maladie luxante est de 6 pour 1000 naissances. Un dépistage précoce permet le plus souvent une guérison simple; il s’agit donc d’un problème de prévention et non pas de dépistage anténatal d’où l’examen obligatoire de tout nouveau né à J4 à la maternité. Le plus souvent une maladie luxante de hanche dépistée avant 4 mois sera traitée simplement avec un bon résultat clinique et radiologique, alors qu’une découverte tardive (à l’âge de la marche) nécessitera un traitement beaucoup plus contraignant avec un résultat incertain.

On dit que la hanche est luxée lorsque la tête fémorale est complètement sortie de la cavité cotyloïdienne.

En cas de subluxation, la tête fémorale n’est pas normalement située au fond de la cavité cotyloïdienne ; elle est ascensionnée et latéralisée sans être complètement sortie de l’acétabulum.

La dysplasie se définit comme un défaut architectural de la cavité cotyloïdienne.

2- Anatomopathologie de la LCH

2-1- Chez le nouveau-né et le nourrisson

Étude morphologique :

-          La capsule est le siège d’une boursouflure voire d’une véritable poche herniaire formant la chambre de luxation.

-          Le ligament rond est souvent allongé mais parfois atrophique ou même absent.

-          La cavité cotyloïdienne est déformée. Souvent ovalaire à grand axe  allant du pôle postéro-supérieur au pole antéro-inférieur et elle est moins profonde que la normale.

-          Parfois, présence d’un néo-cotyle en postéro-supérieur.

-          Le limbus est souvent déformé, éversé ou inversé, dans le secteur postéro-supérieur. Parfois, il est absent.

-          La tête fémorale est souvent un peu aplatie.

-          L’antéversion du col fémoral est souvent augmentée mais parfois, normale ou même diminuée.

Étude dynamique :

La tête fémorale ne peut être luxée que dans la chambre capsulaire postéro-supérieure sous l’effet d’une posture luxante, c’est à dire associant à des degrés divers une abduction faible ou nulle (voir une adduction) et une rotation externe associée à (ou remplacée par) une antéversion fémorale excessive.

 

2-2- Chez l’enfant à partir de l’âge de la marche

-          L’ascension du fémur est plus nette.

-          La luxation est surtout supérieure et irréductible.

-          Le néo-cotyle est bien organisé.

-          La luxation est dite appuyée si le fond du néo-cotyle est représenté par l’os iliaque avec radiologiquement une condensation osseuse concave en dehors.

-          Habituellement, la partie antéro-supérieure du cotyle deshabité est hypoplasique. Donc, après réintégration de la tête fémorale, il y aura une

découverture de celle-ci en antéro-supérieur, source d’arthrose, d’où l’indication de l’ostéotomie de Salter.

 

3- Étiologies, Pathogénie, Épidémiologie

Fréquence = 2 % à la naissance

Garçons > Filles

Race blanche > Race noire

Pour l’étiopathogénie, il y a eu plusieurs théories mais nous retiendrons :

- Facteur génétique :

S’exprimant par une hyperlaxité ligamentaire et un trouble du développement du cotyle.

- Facteur mécanique :

C’est le conflit entre un fœtus parfois volumineux et une cavité utérine trop étroite et trop tonique. Ceci avec :

-  Un fœtus en position luxante. Le plus souvent, c’est :

- Siège décomplété mode des fesses avec rotation externe des membres inférieurs.

- Genoux semi-fléchis

- Genoux hyperfléchis mais au contact. Dans cette posture, la rotation externe n’est pas importante d’où la nécessité d’une antéversion fémorale importante)

-  Appui direct prolongé sur le grand trochanter.

-  Faible résistance du limbus et de la capsule.

NB : La luxation unilatérale gauche est la plus fréquente car en position céphalique, le fœtus a plus souvent le dos à gauche, donc la hanche gauche au contact du rachis lombaire maternel.

4- Histoire Naturelle de la LCH

LCH - Luxation Congenitale de hanche - Histoire naturelle

 

5- Étude Clinique

5-1- Chez le nouveau-né et le nourrisson

Signes cliniques de suspicion d’une luxation congénitale de hanche :

- Limitation de l’abduction qui est < 60° recherchée sur les cuisses fléchies à 90°. L’étude de l’angle « rapide » recherchera une hypertonie des adducteurs.

- Le bassin asymétrique congénital avec d’un coté difficultés d’abduction et de l’autre rétraction des fessiers et du fascia lata.

- L’asymétrie des plis cutanés.

- Le craquement n’est pas significatif.

LCH - Luxation Congenitale de hanche - Abduction chez un nouveau-né normal

Tonus des adducteurs et amplitude passive d’abduction chez un nouveau-né normal

Angle rapide (en pointillé) et angle lent (en hachuré)

LCH - Luxation Congenitale de hanche - Bassin asymétrique congénital

Bassin asymétrique congénital : association d’une hypertonie rétraction des adducteurs d’un côté et d’une rétraction des fessiers et du fascia lata de l’autre côté

 

Le signe de certitude = l’instabilité

Une hanche est dite instable lorsque la tête fémorale est sortie ou peut sortir en partie ou en totalité de la cavité cotyloïde.

LCH - Luxation Congenitale de hanche - Ressaut

Schémas expliquant pourquoi le ressaut est inconstant :

A-    Ressaut franc

B-     Ressaut léger ou mou

C-     Pas de ressaut mais sensation de piston (Barlow)

On analysera 4 paramètres:

- La direction: la tête se luxe en arrière ou en haut.

- L’amplitude: instabilité importante si > 8 mm

- La situation spontanée de la tête fémorale par rapport au cotyle, ce qui permet de distinguer:

- La hanche luxée réductible: la tête fémorale est luxée. L’examinateur peut la réduire à la main mais elle se reluxe spontanément dès qu’il relâche sa pression.

- La hanche luxable: Spontanément, la tête fémorale semble être en place dans le cotyle. Elle en sort au test de provocation de la luxation et elle rentre spontanément dans le cotyle dès que l’examinateur relâche sa pression.

- Il existe des cas intermédiaires, l’enfant luxe et réduit sa hanche selon ses mouvements d’adduction ou d’abduction.

- Ressaut: Signe inconstant lié au franchissement par la tête fémorale du limbus. Il peut être perçu à la sortie de la tête fémorale, à son entrée ou les deux et sa netteté varie selon que l’obstacle est plus ou moins émoussé. Au maximum, lorsqu’il n’y a pas d’accrochage, nous parlons de « piston ».

 

2 principales méthodes pour rechercher l’instabilité:

- Manœuvre d’Ortolani

Son principe consiste à prendre un genou dans chaque main puis à écarter et rapprocher les cuisses à la recherche d’un ressaut signe d’une hanche

luxée réductible.

Cette méthode n’est pas très sensible (faux négatifs).

- Manœuvre de Barlow

C’est la méthode la plus fiable.

Une main bloque le bassin avec le pouce sur le pubis, l’autre tient la partie proximale du fémur en empaumant la jambe hyperfléchie sur la cuisse

Par une légère pronation du poignet et une pression du pouce, on recherche à faire sortir la tête fémorale en arrière

Par une légère supination du poignet et une pression du majeur sur le grand trochanter, on vise à faire rentrer la tête fémorale.

LCH - Luxation Congenitale de hanche - Manoeuvre de Barlow

 Une vidéo (Pr R. Seringe) :

 

5-2- Chez l’enfant à partir de l’age de la marche

- Boiterie de Trendelenbourg: à chaque pas, il y a une bascule du tronc et des épaules vers le côté portant tandis que le bassin s’incline du côté opposé. C’est ce qu’on appelle aussi boiterie de l’épaule, liée à l’insuffisance du moyen fessier.

- Limitation de l’abduction.

- Flessum de hanche.

- Hyperlordose lombaire compensatrice.

- Ligne de Schumakher ( ombilic » épine iliaque antéro-supérieure » grand trochanter ) rompue.

 

6- Étude Radiologique de la LCH

Que ce soit à la naissance ou aux premiers mois, la radiographie du bassin n’a qu’une valeur d’appoint car elle ne montre que ce qui est ossifié or la hanche est essentiellement cartilagineuse à cet âge et donc n’a aucune valeur de dépistage néo-natal. En revanche, toute hanche instable doit être radiographiée pour servir de document de référence.

On réalisera un bassin de face strict, rotules au zénith, centré sur la symphyse pubienne.

Pour être interprétables cette radiographie doit satisfaire à certains critères:

- Bassin strictement de face: la verticale passant par le milieu du sacrum passe par le milieu de la symphyse pubienne. Les ailes iliaques sont symétriques, de même que les trous obturateurs.

- Contrôle de la lordose: les cartilages en Y doivent être bien dégagés, l’horizontale joignant le bord inférieur des ilions (ligne des Y) doit passer par la dernière pièce sacrée.

- Contrôle de la position des fémurs: les diaphyses fémorales doivent être perpendiculaire à la ligne des Y; la partie de la métaphyse fémorale supérieure correspondant au col doit être orientée en dedans et le petit trochanter ne doit pas être trop visible.

Résultats:

6-1- Chez le nouveau-né

A cet âge la radiographie n’est pas très fiable.

- L’exagération de l’angle acétabulaire n’a pas de réelle signification à titre isolé (Normal = 35°)

- Une ascension avec latéralisation de la métaphyse fémorale sont caractéristiques d’une luxation.

- Mais une radiographie du bassin normale à la naissance n’exclut pas une LCH.

 

6-2- Après l’âge de 3 mois

Les radiographies sont plus fiables. En cas de hanche luxée ou subluxée, on retrouvera:

- Un défaut de centrage avec ascension et latéralisation du grand trochanter.

- Augmentation de la pente acétabulaire.

- Élargissement du segment interne de l’ilion.

- Brièveté du segment externe (ou toit osseux) et perte de sa concavité.

- Encoche au dessus de l’angle externe de l’ilion.

- Rupture du cintre cervico-obturateur.

- Cotyle deshabité, long, peu profond, contours irréguliers, talus cotyloïdien bien évident et le U cotyloïdien un petit peu moins.

- Recherche d’un néo-cotyle, signe d’une luxation appuyée.

Mais du point de vue pratique:

- Avant l’apparition des points d’ossification des têtes fémorales, on trace la ligne de Putti, perpendiculaire à la ligne des Y, tangente au bord interne de la métaphyse fémorale. Cette ligne doit couper le toit du cotyle dans sa moitié interne. Si elle coupe le toit du cotyle dans sa moitié externe ou plus en dehors, la hanche est excentrée.

LCH - Luxation Congenitale de hanche - Ligne de Putti

- Avec l’apparition des points d’ossification des têtes fémorales, on trace la ligne d’Ombrédanne, perpendiculaire à la ligne des Y et passant par l’angle externe du toit du cotyle délimitant ainsi avec la ligne des Y 4 quadrants. Normalement, le noyau de la tête fémorale doit être dans le quadrant inféro-interne. S’il est dans l’un des quadrants externes, la hanche est excentrée.

LCH - Luxation Congenitale de hanche - Ligne d'Ombredanne

 

Autres examens radiologiques

- Arthrographie, comme moyen de contrôle du traitement.

- Scanner, en coupes horizontales pour faciliter le choix de l’ostéotomie pelvienne (reconstruction 3D)

 

7- Échographie

C’est un examen non invasif qui montre les structures cartilagineuses, la capsule et les muscles qui sont invisibles sur la radiographie. Elle permet une étude statique et dynamique de la hanche.

L’échographie est réservée aux hanches à risque et à certaines hanches douteuses au cours du premier mois de la vie.

Les éléments essentiels de l’interprétation sont:

- Au moins 50 % de la tête fémorale doit se situer en dedans d’une verticale abaissée de l’aile iliaque.

- L’angle fait par le labrum (partie cartilagineuse du cotyle) avec la verticale doit être = 35° et il doit avoir une certaine longueur.

LCH - Luxation Congenitale de hanche - Echographie 1.    Peau2.    Septum intermusculaire3.    Muscle fessier4.    Capsule articulaire5.    Front d’ossification de la métaphyse fémorale supérieure6.    Labrum acétabulaire (fibreux)7.    Bourrelet cotyloïdien ou limbus (hyalin)8.    Talus ou encorbellement osseux9.    Toit du cotyle osseux10.  Cartilage en Y11.  Branche osseuse ilio-ischiatique12.  Tête fémorale cartilagineuse

 

 Schéma d’une coupe longitudinale externe d’une hanche normale de nouveau-né

 

 

- Aspects Thérapeutiques -

 

1- Buts du Traitement de la luxation congénitale de hanche

- Réduire la tête fémorale dans le cotyle et la recentrer.

- Stabiliser la hanche.

- Corriger la dysplasie cotyloïdienne.

- Éviter les complications.

 

2- Principe de la Réduction = Posture de Recentrage

Flexion + Abduction + Rotation interne

- Chez le nouveau-né et le nourrisson

Flexion à 90°

Abduction à 60 – 70°

Rotation interne à 20°

- Chez l’enfant à partir de l’age de la marche

Flexion à 20°

Abduction à 30 – 40°

Rotation interne à 20 – 30°

 

3- Méthodes Orthopédiques

3-1- Méthodes ambulatoires

3-1-1- Avec abduction immédiate

- Langeage strict en abduction-flexion type St Vincent de Paul:

C’est un lange en coton découpé de façon à délimiter 2 rabats, avec une épaisse couche de tissu placée entre les cuisses et les 2 rabats viennent recouvrir ce coussin.

- Coussins d’abduction:

Appareillage avec dispositif d’abduction adapté à l’écart inter-poplité du nouveau-né et dont la fixation est assurée par des bretelles. On a 2 modèles:

- Coussins souples

- Coussins baleinés type Becker ou de Frekja: Risque d’ostéochondrite.

Inconvénient de ces méthodes:

C’est le risque d’ostéochondrite qui est plus important qu’avec les méthodes progressives

3-1-2- Avec abduction progressive

- Les attelles d’abduction à hanches libres de Petit:

Elles permettent de régler l’abduction tout en laissant libre la flexion-extension de hanche (mais qui reste limitée par la flexion du genou).

Le recentrage commence à se faire à partir de 45° d’abduction.

- Le harnais de Pavlik:

Les pieds et les jambes sont maintenus dans un système fermé par des velcro® et sont reliés au harnais proprement dit par des sangles antérieures et

postérieures qui maintiennent les genoux et les hanches en flexion.

En décubitus ventral, c’est le poids du corps et en décubitus dorsal c’est la pesanteur qui vont entraîner progressivement la mise en abduction des cuisses.

La rotation interne est obtenue par relâchement de la sangle antérieure et serrage de la sangle postérieure.

Ses complications sont:

- La parésie crurale » Relâcher les sangles

- La luxation inférieure de la hanche.

- La laxité interne du genou.

- L’œdème du membre inférieur.

- Le harnais de Scott:

Il diffère du harnais de Pavlik par le fait que la flexion est assurée par des sangles passant sous la cuisses.

- Attelles de Von Rosen:

C’est un appareil d’abduction assez rigide et contraignant avec risque d’ostéochondrite élevé. Il n’est presque pas utilisé.

 

3-2- Méthodes nécessitant l’hospitalisation

3-2-1- Traction au zénith

Indiquée chez les nourrissons de 3 à 10 mois.

Simple et rapide, sa durée est de 3 semaines.

Réalisée par des bandes élastiques collées.

Elle se fait en 4 phases:

1e phase

C’est la mise au zénith. On commence avec un poids de 250 à 500 g qu’on augmentera progressivement par paliers de 250 g pour obtenir la surélévation des fesses du plan du lit sans plus.

2e phase

c’est le simple maintien au zénith pendant 8 jours.

3e phase

C’est l’abduction progressive. On écarte les membres inférieurs à 90° ou un peu plus.

Sa durée est de 2 semaines.

Elle doit être indolore. Si on est gênés par les adducteurs, on fera une ténotomie de ceux-ci. Apres la ténotomie, il faudra remettre l’enfant en traction au zénith sans écarter immédiatement les membres.

A la fin

On fera une radiographie du bassin de face:

- Si la luxation est réduite, on stabilisera la hanche par un plâtre pelvi-pédieux.

- Si la luxation n’est pas réduite, on recherchera une meilleure position de traction en modifiant flexion, abduction ou rotation interne. Apres cela:

o   Si la luxation est réduite » Stabilisation par plâtre pelvi-pédieux.

o   Sinon, radiographies, examen sous anesthésie générale et arthrographie rechercheront les causes de l’échec. Et à partir de là, on décidera de la poursuite de la traction au zénith ou du passage à la traction dans le plan du lit.

3-2-2- Traction dans le plan du lit ( Sommerville – Petit )

Indiquée chez l’enfant de 10 à 12 mois.

Sa durée est de 5 semaines.

C’est une traction collée, l’enfant est fixé au lit par un langeage en parachute.

1e phase = Abaissement

Le but est d’abaisser la tête fémorale en face du cotyle.

La traction est débutée en rectitude par 1/10 du poids corporel de l’enfant puis augmentée progressivement pour atteindre 1/5 du poids corporel à chaque pied.

Durée = 1 à 2 semaines.

Il faudra attendre l’abaissement de la tête fémorale pour passer à l’étape suivante.

S’il y a un déficit d’abaissement ou d’abduction, on fera une ténotomie des adducteurs.

2e phase = Présentation

Par la mise en abduction progressive jusqu’à l’alignement des cols fémoraux en regard des cartilages en Y.

Durée = 2 à 3 semaines.

La mise en rotation interne se fera une semaine après le début de la mise en abduction ( avec une bande de dérotation appliquée sur la cuisse du coté malade et reliée à un poids de 300 à 400 g )

3e phase = Pénétration

par relâchement progressif des poids.

L’examen sous anesthésie générale et le plâtre sont programmés après une durée globale de 4 à 5 semaines et ne doit jamais dépasser 6 à 7 semaines.

 

4- Méthodes chirurgicales

4-1- Gestes opératoires facilitant la réduction

- Ténotomie des muscles rétractés: adducteurs et psoas.

- Raccourcissement fémoral de 10 à 20 mm.

4-2- Gestes opératoires stabilisant la hanche = Capsulorraphie

Excision d’un triangle plus ou moins important aux dépens de lambeau capsulaire postéro-supérieur.

Risque d’enraidissement de la hanche.

4-3- Méthodes permettant la réduction = Réduction chirurgicale (sanglante)

Son objectif est de lever les obstacles qui empêchent la réduction:

- Interposition du limbus qu’il ne faudra pas réséquer mais soulever.

- Le repli inférieur de la capsule qu’il faudra sectionner.

- Le ligament transverse de l’acétabulum qu’on va sectionner.

- Graisse pulvinar

 

4-4- Opérations de correction de la dysplasie cotyloidienne = Ostéotomies Pelviennes

Elles sont presque toujours obligatoires après l’age de la marche.

4-4-1- Ostéotomie innominée de Salter

C’est une ostéotomie de réorientation.

Lorsqu’elle est associée à une réduction sanglante, elle réalise l’opération de Salter.

Principe

Sectionner l’os iliaque en 2 parties allant de la grande échancrure ischiatique en arrière à l’épine iliaque antéro-inférieure en avant.

Le fragment inférieur contenant le cotyle est basculé en dehors, en bas et en avant de façon à couvrir correctement la tête fémorale.

Avantages

- Bonne couverture antérieure.

Inconvénients

- Reluxation.

- Subluxation résiduelle.

- Raideur de la hanche.

- Inégalité de longueur des membres inférieurs.

- Ostéochondrite.

- Chez le grand enfant et l’adolescent, cette technique est impossible du fait de la rétraction des paries molles et de la moindre souplesse de la symphyse pubienne.

4-4-2- Ostéotomie de Chiari

C’est une ostéotomie d’agrandissement du cotyle.

Principe

C’est une ostéotomie sus-cotyloïdienne suivie d’une médialisation du fragment inférieur et de la tête fémorale dont la couverture externe sera assurée par le

fragment supérieur par l’intermédiaire de la capsule.

Avantages

Couverture externe

Inconvénients

- Difficulté technique.

- Risque de raideur.

- Mauvaise couverture postérieure.

- Réduction du détroit supérieur d’où la contre-indication de l’ostéotomie de Chiari bilatérale chez la fille.

- Réservée aux enfants de plus de 9 ans.

4-4-3- Ostéotomie triple de Pol le cœur

C’est une ostéotomie de réorientation du cotyle.

Principe

Associe une ostéotomie innominée à une section des branches pubienne et ischiatique de l’anneau obturateur pour mieux mobiliser le fragment contenant le cotyle.

Avantages

- Simplicité

- Efficacité: bascule réglable du cotyle.

Inconvénients

- Désorientation du trou obturateur et des muscles qui s’y attachent notamment les pelvi-trochantériens et les ischio-jambiers.

- Modification des secteurs de mobilité: la flexion, l’abduction et la rotation interne sont diminuées.

- Troubles de la croissance de l’hémibassin.

4-4-4- Double ostéotomie de Sutherland

Principe

Associe une section verticale du pubis à une ostéotomie innominée de Salter

Avantages et inconvénients

Les mêmes que pour l’ostéotomie de Pol le Cœur

4-4-5- Ostéotomie de Steel

C’est une ostéotomie de réorientation

Principe

Associe une ostéotomie innominée de Salter, une ostéotomie ischio-pubienne et une ostéotomie pubienne.

Les ostéotomies se font au ras du cotyle.

Avantages

Evite la désorientation du trou obturateur.

4-4-6- Ostéotomie triple juxta-cotyloïdienne de Carlioz

Principe

La différence avec l’opération de Pol Le Cœur tient au site des ostéotomies de l’ischion et du pubis:

- Sur l’ischion, l’ostéotomie est réalisée juste au dessous du cotyle dans la gouttière sous-cotyloïdienne.

- Sur le pubis, elle est réalisée au ras du cotyle, juste en avant de lui.

En revanche, l’ostéotomie iliaque est la même que pour une opération de Salter.

4-4-7- Acétabuloplasties

o   Ostéotomie péricotyloïdienne de Pemberton

Principe

Section de l’ilion entre l’épine iliaque antéro-supérieure et l’épine iliaque antéro-inférieure et s’étend en arrière autour du cotyle vers la branche postérieure du cartilage en Y où elle se termine. Le mouvement de rotation ainsi que l’angulation désirée se font dans le cartilage en Y.

Avantages

Bonne couverture antéro-latérale

Indication

Hypoplasie antéro-supérieure et latérale du cotyle chez l’enfant de 2 à 6 ans, avec une laxité marquée de la capsule et une hanche bien mobile.

o   Ostéotomie de Dega

Principe

Elle diffère de l’ostéotomie de Pemberton dans la mesure où seul le mur cortical externe de l’ilion est sectionné alors que dans le Pemberton, la table externe et la table interne sont sectionnées.

Il n’est pas nécessaire d’étendre la section jusqu’au cartilage en Y.

Avantage

La couverture céphalique postérieure n’est pas diminuée.

Inconvénients

La couverture est purement latérale

Indication

Cette ostéotomie profite à une large tranche d’âges et aux luxations de hanche de l’infirmité motrice cérébrale.

4-4-8- Arthroplastie de Colonna

Consiste à creuser le cotyle pour y mettre la tête fémorale.

Elle n’a presque plus d’indication dans la luxation congénitale de hanche.

4-4-9- Butée

Agrandissement du cotyle par un apport osseux.

Contre-indiquée chez l’enfant.

 

5- Indications

5-1- Nouveau-né

o   Hanche luxée irréductible

Attendre l’age de 3 à 4 mois pour une traction progressive au zénith suivie d’un platre pendant 4 mois.

 

o   Hanche luxée réductible

C’est une urgence orthopédique.

Langeage strict en abduction-flexion.

Si les adducteurs sont rétractés, on préférera le harnais de Pavlik.

Au 4e mois, si l’évolution est favorable, on poursuivra la posture en abduction la nuit seulement pendant 2 à 3 mois.

 

o   Hanche luxable ou sub-luxable

Surveillance clinique et radiologique.

 

o   Hanches à risque

Surveillance clinique et échographique puis radiologique à partir du 4e mois.

Chez nous c’est le langeage en abduction.

 

o   Hanches jugées dysplasiques à l’échographie mais sans instabilité

Surveillance clinique et échographique.

 

5-2- Nourrisson

o   Luxation irréductible

Traction au zénith suivie d’un plâtre pendant 4 mois puis relais par des attelles à hanches libres de Petit à temps partiel pendant plusieurs mois.

 

o   Luxation réductible

Harnais de Pavlik

 

o   Subluxations

- Si l’abduction est peu limitée » Attelles de Petit avec écart progressif.

- En cas de tension des adducteurs » Harnais de Pavlik (Pr. Seringe) ou traction de Sommerville (CCI – Oran).

 

o   Dysplasie cotyloïdienne sans troubles du centrage

Surveillance clinique et radiologique.

 

5-3- Grand enfant apres la marche

La chirurgie est presque toujours nécessaire.

o   Luxation ou subluxation avant l’âge de 5 ans

Le traitement est orthopédique. Successivement:

- 3 à 5 semaines de traction dans l’axe,

- plâtre pelvi-pédieux à garder 4 à 6 semaines,

- puis ostéotomie de Salter à laquelle il est préférable d’associer une ostéotomie de dérotation si l’antéversion fémorale est importante,

- plâtre pelvi-pédieux pendant 4 mois.

 

o   Luxation ou forte subluxation entre 5 et 8 ans

Technique de Klisic et Morel:

- Réduction chirurgicale avec raccourcissement fémoral ( ± dérotation )

- Capsulorraphie

- Ostéotomie pelvienne ( Salter ou triple ostéotomie )

L’intervention est suivie d’une traction légère.

 

o   Luxation haute non appuyée

- Si elle est bilatérale » Abstention thérapeutique.

- Si elle est unilatérale » Traitement orthopédique.

 

o   Luxation unilatérale appuyée chez l’enfant de plus de 8 ans

- Chiari

- Klisic


Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

7 commentaires sur “Luxation congénitale de la hanche

  • dupuis alain

    ma: petite fille nee siege decomplete, a 1 mois apres echographie hanche : dysplasie modérée : impossible lange calin 30 degres habitons le sud, et apres essai elle a eu les jambes bleues : quel risque de ne pas suivre cette prescription svp ? conclusion echo : encorbellement osseux elargissement cotyle droit 1 mm

    • Amani
      Amani Auteur du billet

      Le langeage en abduction est un traitement simple est relativement peu contraignant. Cette méthode, lorsqu’elle est bien conduite, donne de bons résultats ce qui nous évite de passer à des méthodes plus « lourdes ».
      Concernant votre fille qui présente des « jambes bleues » lorsque vous appliquez cette méthode, je vous conseille de prendre contact avec un chirurgien pédiatre orthopédiste qui pourra vous faire une démonstration de la bonne façon de faire ou, le cas échéant, d’opter pour une autre méthode comme le harnais de Pavlik.

  • LAMBERT

    Bonjour,

    Mon fils de 4 mois a passé une radio de la hanche ce matin et le résultat est :

    - asymétrie d’abduction avec déficit du côté gauche
    pas de trouble de la minéralisation
    les épiphyses fémorales droite et gauche sont normalement centrées
    on notera juste des cotyles peu creusées cependant les talus sont bien nets en particulier du côté gauche.

    Pouvez-vous m’éclairer sur ce diagnostic svp et ce que l’on doit faire pour résoudre ceci.

    Merci d’avance

    • Amani
      Amani Auteur du billet

      Bonjour,
      S’il y a une limitation de l’abduction, la hanche est suspecte. Il faudra faire pratiquer un examen clinique minutieux à votre fils à la recherche d’une instabilité de la hanche. Si cette dernière est confirmée par votre médecin, il sera amené à vous proposer un traitement en ambulatoire (type harnais de Pavlik).

  • lalaoui

    bonjour
    j’ai une petite fille qui souffre de luxation des hanche.elle a 02mois et 10 jrs le medecin ma conseilér une hernais de pavlik et dans 03 mois de ce traitement il ma dit de faire du plaitre
    Dr j’aimerais bien vous me conseillée

    • Amani
      Amani Auteur du billet

      Bonjour,
      L’indication du harnais de Pavlik a été posée par votre médecin en fonction des données cliniques dont il dispose. Ce traitement est efficace lorsqu’il est bien indiqué et notamment lorsque l’âge de l’enfant est inférieur à 6 mois. Cependant les échecs ne sont pas à exclure et le passage à une autre méthode thérapeutique peut s’imposer (traction suivie d’un plâtre par exemple).